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Les vacances que l’on a attendu toute l’année viennent de prendre fin. Cette année, je ramène dans ma tête de chouettes souvenirs que je vais chérir toute l’année. Cette année, je ramène aussi en souvenir un bidon dont je suis pressée de me débarrasser...

Photos, marques de maillots, kilos. Voici ce qui me restera de ces vacances placées sous le signe des petits déjeuner gargantuesques, des bons repas en famille, des bons apéro entre amis et des restaurants avec tout ce petit monde. Parce que voyez-vous, j’adore la brioche au chocolat blanc de Tours, le fromage d’Amboise, les gâteaux frits de ma mamie, et le Suisse/saucisson de Valence.

 P1020838Le Suisse de Valence (plus photogénique que le saucisson mais qui a finit par se faire dévorer aussi)

Alors comme c’est les vacances, et qu’on est quand même là pour prendre du bon temps, on trainasse et on se fait plaisir. Et c’est si doux de se resservir un peu de vin pour finir le fromage, et un peu de fromage pour finir le vin. Le problème, c’est que ça marche aussi pour le café et les petits gâteaux...

La confection de petits gâteaux étaient justement une des activités phares de ces longues vacances. J’avais rêvé de ceux que ma grand-mère faisait quand j’étais petite. Accompagnant le thé, ils étaient tendres, moelleux et croustillants. À l’époque, ma mère me disait invariablement « n’en mange pas trop, c’est gras ». Mais leur petit goût de vin blanc avait ce petit quelque chose contre lequel je ne pouvais pas lutter.

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J’avais donc informé ma grand-mère sur mon envie d’apprendre à cuisiner les dits gâteaux.
« - les gâteaux frits ?
- euh… les gâteaux au vin blanc avec le sucre autour…
- oui, c’est ça, les gâteaux frits. Il ne faudra pas en manger trop, c’est gras »

Euh.. oui bah ça va, vous vous êtes passé le mot ou quoi ?

Occultant l’aspect « frit » des gâteaux, je salivais à l’idée de ces délices sucrés. Jusqu’au moment où ma grand-mère sortit son livre de recettes.

Ingrédients :
1 verre d’huile (oui oui, vous avez bien lu)
2 œufs
½ verre de vin blanc
farine.

À ce stade, les nombreux « c’est gras » qui avaient toujours accompagné la dégustation de ces gâteaux commençaient à prendre tout leur sens. MAIS CE N’ETAIT PAS FINI ! Non, non, non... Le pire était à venir. Et puis, que les petits malins qui se disent « tient, y’a pas de sucre dans son gâteau » se rassurent, le sucre arrive. En masse. Mais continuons la lecture de la recette spéciale régime hypercalorique…

Mélanger l’huile, les œufs et le vin blanc. Ajouter la farine petit à petit jusqu’à l’obtention d’une pâte (comme de la pâte à pain). Former des torsades fines.

(Jusque là, je vous l’accorde, à part l'utilisation de la moitié de la production mondiale d'huile, ça va à peu près. Mais la suite de la recette est déconseillée aux personnes sensibles)

Faire chauffer l’huile. Préparer un sirop (avec du sucre et de l’eau).
Frire les torsades puis les plonger dans le sirop et les laisser tremper pour bien les imbiber. Rouler ensuite les gâteaux dans du sucre cristallisé (au cas où ça manquerait, hein, on ne sait jamais…)

Il faut bien avouer que cette agréable recette fraiche et de saison m’a charmé par son équilibre. Un seul « gâteau frit » aurait certainement suffit à nourrir un village entier de la corne de l’Afrique qui mourrait de faim au moment même où nous roulions dans le sucre ces gâteaux imbibés de sirop.

Il se trouve que, malgré les nouvelles pièces apportées au dossier des gâteaux frits, à savoir la composition et la cuisson outrageusement grasse et sucrée, ces gâteaux sont une pure merveille. Du genre à se lécher les doigts pour ne pas gâcher un seul petit grain de sucre. Du genre à tourner autour et ne pas pouvoir se retenir d’en piquer un morceau.

Du genre qu’on ne trouve pas dans les magazines de cuisine à la mode mais dans les livres de recettes familiales qui se transmettent de génération en génération. Et je crois que finalement, c’est surtout ça qui fait qu’ils sont divinement bons.

Et pis bon, hein, faut bien prendre des forces pour l'hiver... Non? bon...