Comme à la maison

Baladez-vous dans cet appartement virtuel comme vous le feriez chez vous. Allez dans la cuisine pour trouver des idées et des recettes, dans le salon pour les discussions, sur la télé pour les films et vers la porte de sortie pour... les sorties!

20 octobre 2009

Drouot, des portes ouvertes sur un monde clos

Ethnies_vendeuse_de_poulets

Mythique et mystérieux, l’hôtel Drouot est la plus grande salle de ventes aux enchères d’Europe.

 Quand on pose le pied sur le sol de Drouot, nul besoin d’appareil photo pour se sentir touriste. C’est justement ce qu’on est venu chercher : des émotions, du dépaysement et des souvenirs. Drouot est un territoire à part avec ses codes, sa population, sa langue et ses marchandises. Le tourisme de masse n’étant pas encore développé pour cette destination, il n’y a pas de circuit organisé. Il faut donc rester discret et se laisser porter par le courant pour découvrir les particularités de chaque région.

Le lieu a ses codes et on apprend vite qu’à Drouot, un geste déplacé peut coûter cher. Des réflexes anodins, comme se gratter le nez ou cligner des yeux, prennent ici une tournure complètement différente. Un index levé malencontreusement ? vous voilà acquéreur d’un magnifique santon provençal du 19ème siècle. On vous aura prévenu.

 Une organisation bien rodée

Attention donc à ne pas attirer l’attention du chef de clan, appelé « commissaire priseur ». C’est lui qui mène la danse. Du haut de son estrade, il voit tout, il sait tout, et tout le monde lui obéi. Il parle une langue composée essentiellement de chiffres qui augmentent graduellement et son phrasé est typique : « c’est pris », « retiré », « bien vu », « nous vendons ». Les commissionnaires présentent les objets, par un ou par lot, on distribue des bons aux valeureux gagnants des joutes d’index, on bouscule, on veut voir, on veut passer, on veut entrer, on veut sortir.

Les marchandises se trouvent sur des étals, souvent sous vitrines. Bien loin des merveilles imaginées avant le voyage, l’artisanat local se rapproche finalement de la verroterie. Vases ébréchés, fauteuils éventrés, aquarelles passées… ce qui ne mériterait que la poubelle dans le monde normal, fait ici l’objet de bousculades et de luttes acharnées. Leur conscience accrue de l’écologie les incite à recycler tous les objets présentés dans de nouvelles mains.

Objets anciens et vieux acheteurs

La population est aussi disparate que les marchandises présentées. La plus part des classes sociales sont présentes mais la démographie est très spécifique. La tranche des 45-70 ans est surreprésentée, les jeunes sont quasiment absents. Seules quelques femmes âgées semblent résister. Est-ce grâce à l’épais bouclier de poudre qu’elles s’appliquent sur le visage ?  Sont-elles actives ou justes tolérées au sein du culte de la poussière ?

Dans ce monde de velours rouge et de vestes en laine, de cheveux blancs et d’écharpes en soie, de bois vermoulu et de dorures passées, la seule incursion du monde extérieur est le téléphone. La population locale se bat depuis quelques temps contre cet ennemi invisible qui gagne presque à tous les coups. Dure réalité pour ce petit monde qui essaie également de survivre face aux nouveaux agresseurs de la tribu EBAY.

Si vous souhaitez à votre tour effectuer un séjour en Drouot, préparez bien votre voyage en consultant le calendrier de la météo locale. Décevant par beau temps, c’est sous un ciel électrique et vibrant que Drouot vous révèlera son véritable caractère.

 

Posté par Bellgarath à 09:00 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 octobre 2009

Repeat after me

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Non, l’adolescence ne se résume pas à des boutons, une voix qui mue et une série d’humiliations publiques en milieu écolier. Aussi incroyable qu’il puisse paraître, il y avait  aussi d’immenses joies. Ricaner (bêtement) avec sa meilleure amie (labellisée depuis 2 semaines), pleurer devant des films d’ado, sentir en soi le pouvoir de changer le monde, et écouter de la musique. Mais pas n’importe comment.

Que celui qui n’a JAMAIS écouté de la musique dans une obscurité plus ou moins totale, en se disant que Cabrel (ou Nirvana) c’est trop beau, qu’il est le seul à nous comprendre… Que celui-là me jette le premier single à la figure.

Quand on est adolescent, on vit la musique à fond. Pour peu qu’on soit en plein drame sentimental (moi je l’aime à la folie, lui, il ne me connaît même pas), chaque chanson d’amour devient une douce torture dans laquelle on se complait. Et si en plus c’est une chanson triste, alors là, c’est le pompon, le summum, le pied.

C’est là que la touche « repeat » entre en action. Parce que c’est bien beau d’être en phase avec Francis ou Kurt, mais s’il faut se lever à chaque fois pour remettre la chanson, ça casse la montée de larmes, ça rompt le blues, ça empêche de se sentir triste, malheureux et incompris. Ça empêche de se sentir bien. Au fond du gouffre certes, mais bien.

Grâce à cette fameuse touche « repeat », on peut écouter la chanson 20 fois de suite, sans avoir à lever le petit doigt, et sans en avoir marre. Et 10 ou 15 ans après, on s’étonne de connaître encore les paroles par cœur ?

On se morfond seul( e) ou en groupe, en fumant des cigarettes, allongé(es) sur un tapis. On se laisse envahir par la musique, par les paroles, on communie dans un même élan de morosité. Allongées sur la moquette, tout colle à notre état d’esprit, à notre situation. On n’a même pas besoin de parler puisque le chanteur le fait pour nous. Il chante nos pensées.

Pourquoi parler de ça, me demanderez-vous. Parce que la semaine dernière, j’ai mis cet excellent CD *que j’avais déjà écouté de nombreuses fois, et allez savoir pourquoi, ce soir-là, j’ai accroché sur une chanson et j’ai retrouvé mes 15 ans. Je n’arrivais plus à arrêter de l’écouter. La mélodie me transportait, les paroles me touchaient. Il ne me manquait plus que le sac à dos et les problèmes de peau. Oxymorons un peu : j’étais prise d’une joyeuse tristesse. J’avais grandi, la chanson ne correspondait pas à ma situation, mais c’était tellement bon de se laisser aller ainsi…

 Et vous, quelle chanson avez-vous écouté en boucle ?

 

* excellent CD tiré d’un excellent film que je vous recommande chaudement «  Good Morning England ». Toute l’ambiance des radios pirates (avant que les radios libres soient libres) ajouté à l’humour anglais potache... un régal avec une BO incroyable.

 

 

Posté par Bellgarath à 08:45 - on tient salon - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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