14 septembre 2009
Madame Bovary et moi
Madame Bovary et moi avions fait connaissance il y a quelques temps, nous avions bien sympathisé. J’avais donc décidé de les emmener en vacances, elle et son père Gustave Flaubert.
Emma Bovary est une jeune femme charmante, rêveuse, qui s’abreuve de romans d’amour dans sa campagne natale. Elle a rencontré un jeune médecin qui est tombé follement amoureux d’elle. Il faut dire qu’Emma est d’une grande beauté et son élégance naturelle en fait une personne hors du commun, surtout en pleine campagne normande. Son mari est très gentil mais franchement, il ne fait pas l’affaire. Elle s’en rend compte rapidement et réalise que sa vie va être médiocre, sans éclat, sans paillettes. Elle qui rêve tant de mener la grande vie à Rouen ou à Paris ! Du coup, Emma n’est pas ce qu’on pourrait appeler une femme heureuse. Elle va de déceptions en déceptions, la tristesse s’installe, les amants lui font plus de mal que de bien... Elle se débat pour ne pas couler sous cette petite vie qui l’étouffe mais rien n’y fait, elle avance inexorablement vers sa triste fin.
Il y a plus joyeux pour une lecture estivale, me direz-vous. Certes. Et pourtant, l’emporter avec moi en vacances m’a permis d’avoir plus de temps pour apprécier chaque phrase du roman, car l’écriture de Flaubert est réellement sublime. Les dialogues ont pris un coup de vieux, mais l’ensemble du roman est d’une grande modernité. Pour beaucoup, ce roman doit rappeler les bancs de l’école, les fiches de lecture, la peur de la mauvaise note. Ceux-là ont certainement trouvé le livre long, pas toujours intéressant et l’écriture ampoulée. Pourtant, l’avantage de lire un tel livre de son plein gré, c’est qu’on en apprécie mieux chaque mot, chaque tournure de phrase, chaque subtilité. Flaubert nous régale alors avec son style très maîtrisé. En une tournure de phrase, l’anodin devient terrible, le quotidien devient carcan, l’habitude devient exaspérations. Il décrit avec une justesse incroyable les pensées d’Emma Bovary et sa chute progressive dans un désespoir profond et total.
Alors le temps d’un livre, oubliez vos préjugés et vos angoisses écolières et plongez dans ce livre qui a révolutionné la littérature ! Certes, il n’y a pas de suspense haletant comme dans le Da Vinci Code, certes, l’histoire ne se finit pas en happy end comme dans un Marc Levy. Mais c’est aussi ça qui fait la différence entre un roman de plage et la grande littérature.
Au dos du livre : « C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle. Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une œuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise. »
Un travail incroyable a été réalisé pour scanner toutes les pages des manuscrits de Flaubert. Vous pourrez les feuilleter à cette adresse et admirer le travail d’écriture, de réécriture, de ré ré ré écriture… www.bovary.fr
02 septembre 2009
La parisienne en vacances
Cet été, j’ai eu l'immense plaisir d’aller me faire rôtir sous le soleil Corse. Beau temps, belles plages, eau turquoise… La carte postale ne ment pas, la Corse, c’est vraiment beau. L’autre réputation de la Corse, ce sont les Corses : leur caractère de cochon, leur mépris des touristes, leur côté sectaire et autres politesses. Pour le coup, nous avons été très agréablement surpris de constater la gentillesse et l’amabilité des Bastiais. Et à de nombreuses reprises. C’est dire.
Vous trouverez les bonnes adresses à la fin de cet article.
Passons aux mauvaises, ou plutôt à LA mauvaise, très mauvaise. Le zéro pointé. Le ouuuuuuuuuuuuuuuuuh de la honte. Il s’agit d’un « restaurant » à St Florent. Idéalement situé sur la petite place face au port, nous avons été attiré par la grande terrasse ombragée de « La maison des pizzas ».
Par 40° à l’ombre, nous nous installons et observons le ballet des serveurs. Ils sont à peu près 128 pour 5 tables et tourbillonnent comme des mouches. En 5 minutes, 4 serveurs différents viennent nous demander si nous avons choisi. Nous finissons par nous décider pour 2 « salades de poulet grillé aux pignons et au maïs », 1 salade Casa Grande aux cubes de jambon et cubes de gruyère, et 1 pizza. Après avoir eu largement le temps de saliver sur le poulet grillé, les cubes de jambon etc… les salades arrivent. Et là, c’est le drame.
Dans une grande assiette en verre, 4 feuilles de salades sont disposées. Dessus, les morceaux de poulet semblent bouillis, les pignons sont absents, les grains de maïs se comptent sur les doigts d’une main.
L’autre salade ressemble à une salade qu’on ferait à la maison, avec les restes, un jour où on n’a vraiment, mais alors vraiment pas envie de faire d’effort.
Ils nous ont pris pour de simples touristes du continent ?? Ils croient qu’on n’oseraient jamais râler sur le continent ?? Ils ne savaient pas sur qui ils étaient tombés !
Les salades « au poulet grillé » sont renvoyées en cuisine immédiatement. Le serveur/patron n’a même pas chercher à se défendre. Comme dirait ma grand mère, « qui se sent morveux se mouche ». Les salades reviennent bien appétissantes, bien garnies, bien grillées, avec plein de pignons et des petits morceaux d’ananas en plus.
Sur ce, nous commandons une bouteille d’eau. Elle arrive mais elle n’a pas les petites gouttelettes de fraîcheur qui perlent contre le verre. Elle est à température ambiante (je vous rappelle qu’il faisait 40°…). La bouteille est posée sur la table, je pose la main dessus pour vérifier la température, et en demande une autre, plus fraîche. Pour la reprendre, le serveur pose un café sur la table, prend la bouteille et repart. Sans le café. Il revient avec une bouteille fraîche, repart, revient chercher le café (froid) et le redépose sur une autre table. Nan mais les fous dans ce restaurant !! Leur étiquette "Recommandé par le Lonely planet" ils l'ont piqué à une autre terrasse???
Un serveur vient nous débarrasser et pose la question usuelle « Ca a été ? ». Il ne devait pas s’attendre à notre réponse.
Finalement, ils nous ont offert une partie de l’addition, et nous avons eu de belles salades. Comme quoi, être un râleur de parisien, ça vaut parfois le coup.
Hôtel Central
Rue Miot
Bastia
Le petit jardin intérieur où vous offrira un cadre très agréable pour prendre un bon petit-déjeuner.
La boulangerie juste à côté fait de délicieuses tartes salées maison pour un prix très raisonnable.






