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Jeudi dernier, j’ai été invitée au concert d’AYO. À part les 2 chansons qui passaient sur les ondes, je n’avais pas creusé le sujet. J’aimais bien ces 2 chansons, et puis voilà, on m’a proposé d’y aller. Et un concert à l’Olympia, ça ne se refuse pas.

 

Avant tout, je vous recommande une expérience hors du commun : le parking des théâtres, juste derrière l’Olympia. Franchement, rien que ça, ça valait le détour. Le parking est « réservé aux spectateurs des théâtres » et on comprend vite pourquoi. On rentre là-dedans comme dans un trou de souris, et à l’intérieur, ce n’est pas beaucoup plus grand. On laisse ses clés à un « voiturier » qui est chargé de mettre environ 15 voitures au mètre carré. Et effectivement, le type rentre un nombre incalculable de voitures dans un parking qui doit faire 70m2 à tout casser. Comment s’y prend-il, me demanderez-vous. Et bien, il les met toutes les unes derrières les autres, comme si on n’allait jamais reprendre notre voiture. C’est aussi pour cela qu’il faut laisser ses clés sur le tableau de bord et que c’est réservé aux théâtres : tout le monde arrive en même temps, et repart en même temps (à peu près, et c’est là que ça se corse). Mais c’est comme dans le jeu (où on finit par arracher les pièces pour les remettre discrètement en place au bon endroit), il faut pousser une voiture, pour en pousser une autre, pour en décaler une autre, pour qu’enfin, la première voiture à s’être garée puisse ressortir. Fantastique. On verrait plutôt ça sur Youtube dans une vidéo tournée en Inde ou en Chine ou que sais-je, et on se dirait « ils sont fous ces chinois ». Mais là, en plein Paris, c’est vraiment… hum… déconcertant.

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Après avoir un peu halluciné, direction l’Olympia. Salle mythique (of course) un peu galvaudée ces derniers temps (star’Ac), mais que voulez vous ma bonne dame, par temps de crise, ils ne vont pas faire la fine bouche. Dans le hall d’entracte, des bornes proposent d’envoyer une carte postale virtuelle avec votre nom en grandes lettres rouges sur la façade de l’Olympia. Franchement, avoir l’impression d’être une star internationale pendant quelques instants, c’est… comment dire… assez plaisant.

Mais la première partie avait déjà commencé, donc nous sommes vite entrés. Un type, qui ressemblait vaguement à Tété, faisait des reprises. Entre deux, il faisait des blagues (pas drôles) et se prenait des bides (normal). Nous avons eu le droit au fameux « vous êtes fatigués ce soir ou quoi ? ». Il ne m’a pas entendu, mais moi j’ai répondu que oui, et que c’est lui qui me fatiguait (mon nom en néon sur la façade de l’Olympia m’était quelque peu monté à la tête). Ensuite, il a eu la mauvaise idée de faire une « compo » à lui (bah oui, par définition…). Alors là, la musique n’était pas trop mal, mais alors les paroles… Les paroles ! My God les paroles. Il avait dû les recopier sur le cahier de poésies de son fils de 4 ans. Du style « ma chérie, je t’aime, quand tu n’es pas là tu me manques, c’est trop dur la vie sans toi » et ce moment fabuleux qui s’est gravé à tout jamais dans ma mémoire tellement c’était beau, sensible et intelligent (deux points ouvrez les guillemets) À Paris qu’il pleuve ou qu’il neige, je vois la vie en rose ou en beige. Véridique.

Il était drôle finalement ce type. À sa façon, sans faire exprès. Je lui souhaite une belle carrière dans la chanson. Au Japon de préférence. Mais pas en France, je ne voudrais pas avoir à changer de radio trop fréquemment.

 

Heureusement, après 20 minutes d’entracte, AYO arrive enfin sur scène. On sent tout de suite que c’est autre chose, un autre niveau. Frisson. (ndla : Vous avez remarqué, je n’ai pas mis de « s » à « frisson ». Ce n’est malheureusement pas un oubli, il n’y a eu qu’un seul frisson. ) Elle est arrivée, elle a dit AYO pendant 5 minutes sur différentes notes, avec différentes intonations, et puis voilà. La musique était chouette, sa voix était chouette mais bon, au bout de 5 minutes de « A io, Aiiiiiiiiiiiiio, A i o » etc, on a envie d’un peu plus de substance.

La substance, on l’a eue après. Parce qu’il faut savoir un truc sur AYO, au-delà de sa voix vraiment particulière, c’est qu’elle est marraine de l’UNICEF. Si vous ne le savez pas AVANT d’aller à un concert, vous le saurez après, faites-lui confiance là-dessus. Parce que AYO sourit TOUT LE TEMPS (au point qu’on s’est demandé si elle était touchée par une certaine forme d’autisme) et puis d’un seul coup, elle pleure sur les petits enfants dans le monde, après nous avoir dit qu’on avait de la chance parce qu’on avait « some clothes to wear, some food to eat » etc etc. Un vrai discours de miss France.

Et elle remettait un coup de musique. Et re un discours. Il fallait qu’on aide des gens, nos voisins, nos amis, les petits enfants du tiers monde…

Re musique.

Et hop, discours sur l’Afrique, quel beau continent, il faut qu’on aille aider les gens là bas. Et là, mix entre musique et discours, elle nous a fait tous les pays d’Afrique à sa façon (comme quand elle disait A yo) ça donnait : Ougan daaaaaa, Anngoooooooo laaaa, Niiiiigééééééééé riaaaaaa. Bon, je vais vous épargner le reste, vous avez compris le principe.

Chaque « chanson » durait au moins ¼ d’heure. Au début, il y avait une petite mélodie à la guitare ou à la basse (elle joue super bien d’ailleurs). Ensuite, elle s’arrêtait, faisait son petit discours ou alors elle chantonnait son discours sur la mélodie (pour qu’on s’en rende moins compte). Ensuite elle reprenait sa chanson, puis présentait un des musicien qui faisait son solo pendant quelques minutes, puis la chanson reprenait et se transformait en impro, puis terminait en bœuf. Voilà. Pour chaque chanson, ça fait long. Le concert a commencé à 21h, terminé à 23h30. Je vous avoue qu’à 22h, j’avais mon compte. Et puis comme le style d’AYO c’est pas non plus de la salsa du démon, bah… j’ai faillit m’endormir (alors que j’étais debout) à plusieurs reprises.

 

Je critique, je critique, mais AYO a vraiment une voix magnifique. Elle pourrait chanter le bottin que ça serait joli. Le problème, c’est que c’est un peu ce qu’elle fait avec sa chanson sur l’Afrique, et celle sur les petits enfants, et celle sur….