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Depuis que j’avais déménagé, il n’y avait rien à faire, je ne réussissais plus les macarons. J’utilisais pourtant la même recette, les mêmes ingrédients, je faisais toujours autant attention aux différents points qui m’avaient déjà fait rater cette délicate pâtisserie… Et mon nouveau four étant beauuuucoup plus précis que l’ancien, je pensais que bon four + expérience = superbes macarons qui déchirent. Et bien… comment vous dire… non. Voir même pas du tout, du tout. Les macarons se déchiraient, dans le mauvais sens du terme. Les veaux. La première fournée gonflait bien comme il faut, le collerette se formait comme il faut… et d’un seul coup, patatatrac. Crac boum hue, le macaron commençait à se fendiller en plein milieu, comme un grain de café, puis dans tous les sens… La seconde fournée ne montait même pas et les macarons ressemblaient plus à des galettes bretonnes qu’à des macarons Ladurée. Et là, c’est horreur, malheur parce que la quantité de vaisselle est la même( mais ça paraît vachement plus long quand on sait qu’on a fait tout ça pour rien). Les macarons sortaient donc du four pour aller direct à la poubelle. Et toute cette opération, répétée à quelques semaines d’intervalle, ça commençait à bien faire.

J’étais à deux doigt de rendre mon tablier quand des amis nous ont offert une boîte de macarons (d’un meilleur ouvrier de France, excusez du peu). Ils étaient magnifiques, succulents… ils étaient plus que réussi. Heureusement vous me direz, hein, parce que lui c’est son métier au type. Et puis lui, il a certainement pas déménagé. Lui. Le type qui est meilleur ouvrier de France. Rien que ça. Crâneur… Bref, dans la boîte du crâneur, il y avait un macaron aux marrons glacés. Et celui-là, il était particulièrement délicieux. Donc bon, appelez-moi tête de bois si vous voulez, mais j’ai voulu, comment dire... refaire de la vaisselle.

J’ai fouillé le net pour trouver une nouvelle recette de macarons, puisque apparemment, l’ancienne me faisait la tronche. Et j’en ai trouvé plein. (ça lui apprendra à l’autre là, pour qui elle se prend cette recette ? Non mais ça y est, on prend ses habitudes et hop, on fait faux bond ? Et ben zou, au rebus la recette ! Comme si j’étais femme à me laisser faire par une pauv’ recette de macarons…) Bref, la nouvelle recette avait l’air beaucoup plus simple et nécessitait moins de matériel, ce qui était loin de me repousser.
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Et puis le jour est arrivé où je me suis lancée. C'était les vacances, j'avais le temps, pas de stress... mais j’avais drôlement peur, un peu comme pour un premier rendez-vous. Mais la nouvelle recette a été super cool, elle m’a bien mise à l’aise et tout s’est bien passé. La texture était parfaite, les collerettes se sont formées bien comme il fallait, bien belles, bien denses. Je les regardais amoureusement dans le four en faisant la vaisselle, le sourire aux lèvres. B. a même eut le droit d’entendre un cri hystérique de ma part « B ! B ! vient voir !!! ça marche !!! ». Oui bah hein, chacun ses joies. J’ai eu peur qu’ils se mettent à fendiller à mi-cuisson comme avec l’ancienne recette, mais point du tout. Ils se sont bien tenus. Ce sont des macarons bien élevés. Restait à voir pour le goût. Parce que c’est quand même important quand on mange…

Je les ai ensuite fourrés d’un mélange de crème de marrons assouplie et de brisures de marrons glacés. Après une cession de 24h au frigo, le temps de la dégustation était venu. Et là, j’ai senti que le Dieu Macaron avait entendu mes prières : ils étaient délicieux. Quand même pas comme le meilleur ouvrier de France, mais franchement, s’il venait à la maison prendre un café, je ne rougirai pas de lui servir quelques macarons de ma production. La nouvelle recette est donc adoptée, cent fois adoptée !

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