objets_trouves_austerlitz

Non, je ne suis pas en train de faire l’amalgame entre une œuvre littéraire et un film d’action. C’est juste que depuis 3 semaines, il ne se passe pas un vendredi sans que je cherche désespérément quelque chose. Et quand je dis désespérément, je pèse mes mots.

La veille de mon départ en Italie, afin de faire mon sac, je me met à chercher la copie du e-ticket d’enregistrement. Oui oui, le bout de papier qui prouve que vous avez acheté votre billet d’avion et sans lequel vous ne montez pas dans ledit avion. Et je ne le trouve pas. Donc panique à bord (passez-moi le jeu de mot). Ce foutu papier était resté 3 mois sur la commode de l’entrée, qui est l’équivalent de notre (mon) vide-poche. Vous savez, LE endroit où on laisse les choses auxquelles il faut absolument penser, et qu’il ne faut égarer sous aucun prétexte. Et le jour J, après 3 mois de visible présence sur la commode, le papier a disparu. Donc je cherche, au début avec calme, raison et méthode. Je fais appel à ma mémoire qui me renvoie en permanence à la commode. Et évidemment, le papier n’est pas là où je jurerais l’avoir vu pour la dernière fois. J’inaugure alors un nouveau concept sensoriel : la persistance mémorielle, qui s’appuie sur les bases de la persistance rétinienne mais qui s’applique cette fois à la mémoire.
Après 2 ou 3 vérifications intégrales de la fameuse commode, je décide de me changer les idées. Je vous replace dans le contexte : nous sommes vendredi soir, nous partons en Italie le lendemain matin à la première heure. Je n’ai pas fait ma valise parce que j’ai perdu 2 heures à chercher le e-ticket que je n’ai pas trouvé.
Après avoir pensé longuement aux chaussures qui allaient m’accompagner dans ce périple, je me mets à rechercher le velcro qui doit maintenir mes semelles en places. La semelle orthopédique ayant un faible potentiel glamour, je m’arrêterai donc là concernant ce sujet (on ne se connaît pas tout de même…). Le velcro donc. Qui était lui aussi sur la commode de l’entrée, dans la boîte pour les clés cette fois, pendant pas mal de temps lui aussi. (Le premier qui dit que c’est pas l’endroit, je le déconnecte à distance !!!) Je me redirige donc, avec une certaine angoisse vers la commode de l’entrée, qui depuis quelques minutes, est devenue la fichue commode de l’entrée. Je regarde dans la fameuse petite boîte à clés, et…. Rien. Pas l’ombre d’une fibre de velcro. Faites venir les experts Miami, qu’ils sortent leurs pschitts, leurs cotons-tiges et leurs tubes à essais, et qu’ils retrouvent mon velcro ! (et mon e-ticket par la même occasion)
Je crois que c’est à peu près le moment où le verrou de la raison a sauté dans mon esprit, et que je me suis mise à regarder partout, frénétiquement. C’est aussi le moment où le doute s’est insinué dans mon esprit, et où je suis retournée explorer méthodiquement la commode de l’entrée. Après de nouvelles vérifications logiques (le papier était sur le dessus de la commode, plié en 4, et il était blanc) vint le temps des vérifications illogiques : tout est inspecté, même le prospectus bleu de format A3. Après avoir regardé sous un timbre, je me suis rendue compte que chercher quelque chose sans le trouver, ça rendait fou. Heureusement, ma mère avait l’original du e-ticket et m’en avait imprimé une copie juste au cas où. Heureusement, Parly 2 fermait à 21h, et je m’y suis rendue pour faire la photocopie du billet d’avion et acheter de nouvelles bandes de velcros. Même si j’avais fini par trouver l’équivalent de ce que je cherchais quelques heures auparavant, je ne pouvais m’empêcher de fouiller mentalement les différents endroits où le billet électronique et le velcro auraient pu se cacher Il n’y avait plus péril en la demeure, mais bon, quand même. Grr. Je m’endormis ce soir-là en pensant plus à cette énigme qu’aux magnifiques paysages qui m’attendaient.

Pendant mon séjour, j’avais patiemment prélevé une à une des portions individuelles de Nutella au petit-déjeuner de l’hôtel, pour les rapporter à B. dont le régime alimentaire est un peu particulier en ce moment. Bref, tous les matins, en prenant cette portion de pâte à tartiner, je pensais au bonheur de B. qui pourrait étaler la divine pâte sur son pain. En faisant mes valises, la question du transport de ces portions de Nutella se pose. Je trouve alors une solution… qui m’a complètement échappé une fois de retour en France ! Pressée de retrouver B., je me met à fouiller ma valise, à la vider, à la retourner, à ne pas comprendre et je vous l’avoue, à m’énerver. J’inspecte même la petite poche de devant dans laquelle nous mettons souvent les petites choses auxquelles nous voulons accéder rapidement. Mais rien. Pas l’ombre d’une portion de Nutella. Je finis par me rendre chez B., l’âme en peine, sans avoir de Nutella à lui « offrir ».
Le lendemain, je repris mes investigations plus calmement, mais toujours sans succès. C’est alors que ma mère intervint, me disant qu’elle a trouvé des portions de Nutella dans mon sac à linge sale et me demandant si c’était normal… Normal, normal… oui et non. Je me retrouve face à 2 logiques bien distinctes. D’un côté, mettre quelque chose de fragile dans le sac à linge sale est tout à fait logique car en mettant les portions de Nutella entre deux chaussettes, je m’assurais qu’il n’y aurait pas éclatement, et que si éclatement il y avait, ça serait sur du linge qui de toute façon devrait être lavé. D’un autre côté, franchement, quelle idée…

La semaine suivante, c’est un agenda que je me mets à chercher. Un agenda rose fluo pourtant, du style qu’on voit la nuit, même sous 30 mètres de fond. Et cet agenda a brillé par sa présence sur mon bureau pendant des mois. Et forcément, au moment de le chercher, il brille par son absence. Je regarde à nouveau dans les différents endroits logiques possibles, puis les illogiques, puis les impensables et les complètement stupides. Tous les objets fluos sont passés au crible, le moindre post-it jaune est suspecté de cacher l’agenda rose. Et puis qui sait, peut-être qu’en cherchant l’agenda je tomberais sur le velcro ou sur une portion de Nutella ???
De guerre lasse, je finis par laisser pour un autre jour la recherche dudit agenda rose. Le lendemain, c’est à nouveau ma mère qui vient me voir avec un objet rose dans la main. « C’est pas ça que tu cherchais hier ? » dit-elle innocemment. Si. De deux choses l’une : ou ma mère n’est pas touchée par la poisse du vendredi, ou elle est de mèche avec le marabout. Me voilà en tout cas bien soulagée.

Pour conclure cet article, je citerai ma mère qui me répète sas cesse « si tu rangeais tes affaires, tu ne les chercherais pas partout ». Mais quand quelque chose est perdu, n’est-ce pas justement parce qu’il n’est pas là où on se souvient l’avoir mis… qu’il soit rangé ou non ?

Quelques liens utiles si vous perdez des objets en dehors de chez vous :
préfecture de police
votre objet perdu est peut-être ici
ou dans ce livre