green_my_apple_logo_pomme

Depuis une semaine, j’ai fait l’acquisiton d’une chose absolument indispensable puisque complètement inutile. Depuis une semaine, je suis partagée entre la joie de posséder enfin l’objet de mes convoitises et les remorts d’avoir payé deux fois plus cher que la normale quelque chose de somme toute assez futile. J’ai acheté une pomme. Déjà croquée en plus. En anglais, ça se dit Apple. Et dans ma tête, ça se prononce « youpi ! ouais ! youpi ! j’ai enfin un mac !!! »

Un macintosh, c’est plus qu’un simple ordinateur. « Il plante moins souvent » et « c’est vraiment une interface beaucoup plus conviviale » sont les arguments les plus répandus pour se donner bonne conscience. Mais soyons sincères, ce n’est pas pour ça qu’on achète un mac. On achète un mac parce qu’il est plus beau, plus design, plus mac. D’ailleurs, on dit beaucoup plus souvent « il est beau mon Maaaaac » que « il est beau mon HP ». Chez mac, les ordinateurs ont des noms normaux : on les appelle MacBook, MacBook Pro et pas Asus XHGF817ZW version bêta.
Certes, avoir un mac, ça peut faire un peu pédant. Que nenni. Ceci dit, même en plein jet lag, c’est quand même le top du hype, surtout à NY.
Un mac, c’est un peu la Ferrari des ordinateurs. Et du coup, au moment de l’achat c’est pareil (enfin… j’imagine). Quand on achète une Ferrari, on n’achète pas une simple voiture, on achète le design, le cheval cabré sur le capot et les chevaux débridés en dessous. On ne va pas dans un garage, on va chez un concessionnaire Ferrari. Et on n’y va pas pour acheter une voiture, on y va pour acheter la Ferrari de ses rêves. Et bien pour les macs, c’est pareil.

Depuis l’avènement du système Microsoft et sa domination sur le monde informatique, Apple se positionne comme la seule option. Pour schématiser, Microsoft est le gros méchant système capitaliste qui broie tout sur son passage, et Apple est le système sympa qu’on aimerait bien avoir comme voisin. Si Bill Gates est Big Brother, Steeve Jobs est l’anticonformisme (« Pour que 1984 ne ressemble jamais à 1984 » était un slogan de macintosch). Billou incarne les failles d’un système, de la consommation, ses abus, ses excès, la grosse multinationale dévastatrice. Steevy, sur son clavier blanc, n’a plus qu’à se positionner comme l’alternative pour récolter tous les suffrages des irréductibles insoumis. Voilà certainement pourquoi les macs sont surtout plébiscités par une intelligentsia élitiste : publicitaires, journalistes, designers… Leur devise : jamais sans mon mac. Tantôt adulées, tantôt détestées, ces professions ne laissent jamais indifférents. Meilleures ambassadrices de la marque, elle participent à créer une sorte de bulle mac. Car avoir un objet de la marque Apple, c’est entrer dans la communauté mac. De nombreux sites lui sont dédiés et participent à cette impression d’être un système alternatif, dans une certaine marginalité. Tout le monde a un PC ? hé bien moi j’aurai un mac !

Les performances n’ont d’égales que les restrictions. En effet, là où la batterie d’un PC ne durera peut-être même pas assez pour regarder un film en entier, la batterie du mac vous laissera de quoi regarder le générique de fin en entier, les bonus, de passer un coup de fil à l’assistant du 3ème stagiaire du chef opérateur, d’écrire votre critique sur le film, de le publier sur votre blog etc etc... Le foisonnement des logiciels sous PC est le talon d’Achille de la marque à la pomme. En effet, la plupart des logiciels sont développés pour Microsoft et laissent complètement de côtés les utilisateurs mac. On retrouve heureusement les logiciels de base comme le pack Office ou la suite Adobe (liste loin d’être exhaustive). Mais bon, même Carry Bradshow de la célèbre série Sex and the City a un mac, alors…

L’autre avantage avec un mac, c’est que l’informatique devient simple. Bon, c’est sûr, il ne faut pas avoir de problème parce que là, le petit copain informaticien de la fille de la voisine ne pourra rien pour vous : il vous regardera avec des yeux ronds, ne saura pas où chercher les applications, les documents etc. Pourtant, il serait difficile de faire plus simple. Tout est bien rangé, avec une logique de personne normale. Pas besoin d’avoir fait Centrale pour retrouver un document, ou installer internet.
Quand des amis ont voulu installer Internet sur leur PC, ils m’ont appelé à l’aide au bout de 2 heures d’acharnement. Après avoir lu une notice explicative longue comme le bras, entré une série de code dignes des messages de la guerre froide, après m’être demandé plusieurs fois pourquoi ça ne marchait pas alors que tout était fait correctement, ça a fini par marcher par on ne sait quel miracle. En comparaison, pour connecter mon mac à la toile, j’ai branché le câble. Et google est apparu. Qui dit mieux ?

S’il faut débourser une coquette somme pour faire l’acquisition de la divine machine, l’investissement est rapidement rentabilisé en plaisir d’utilisation (oui oui, l’interface est vraiment plus conviviale !). Pour les plus anxieux, ceux qui pourraient regretter leur achat seront surpris du marché de l’occasion mac. En effet, si un pc d’occasion sera très difficile à revendre, les macs s’arrachent encore à prix d’or même après plusieurs années d’utilisation. La décision plus ou moins prise, une organisation digne d’une entreprise s’est mise en place avec ses différents services : conseil, étude de marché, technique, négociation, financement, achat… ça ressemble à une dédicace non ?

Pour ne pas conclure sur une note pécuniaire, voilà une accroche publicitaire qui m’avait marquée il y a quelques années déjà : « Avant d’acheter un ordinateur, demandez-vous pourquoi les pubs pour PC sont faites sur Mac… »