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Jeudi, je devais aller voir un opéra bouffe à Paris. Comme on ne se connaît pas encore très bien, il faut que je vous explique que ça ne m'arrive quand même pas tous les 4 matins. Après une fine organisation, nous décidons de prendre ma voiture pour aller au théâtre, situé au centre de Paris. C’est sûr qu’en l’écrivant comme ça, je me rends bien compte de la folie furieuse de cette entreprise. Mais que voulez-vous, quand on est une banlieusarde naïve, on est comme ça.
Le spectacle commençait à 20h30. Nous partons donc à 19h en se disant qu’on est laaaaarge. Après 1h de bouchons, il nous reste encore plus de la moitié du chemin à parcourir. A 20h15, on commence à se dire que finalement, on n’était peut-être pas si laaarge que ça. Après plusieurs feux désespérément rouges et plusieurs routes désespérément bloquées, nous finissons par arriver sur LA rue. Il est 20h25, c’est bon, y’a plus qu’à trouver une place. Il nous reste 5 minutes, en courant un peu, on peut le faire les doigts dans le nez. Tiens, le théâtre est là. Tiens, on a dépassé le théâtre…
Tourne à droite, tourne à gauche, tourne-pas-va-tout-droit, là ! là ! là ! Ah non, pardon, c’est une sortie de voiture. Bon, bah, on prend la prochaine à droite pour revenir sur nos pas ? C’est quoi ce sens interdit ? Encore un autre. On est où ? Bah moi non plus, je sais pas…
Nous avons même tenté le parking privé, qui indiquait « Complet » Mais bon, hein, on sait jamais, avec un peu de chance. Il suffit d’une place, une seule.
Avec un peu de chance, nous aurions pu trouver une place, aller au spectacle en courant, se faire remarquer en entrant dans la salle en retard, se faire traiter de mal poli, chuuuuut, oh lalaaa. Mais non, on est descendu jusqu’au dernier sous-sol pour remonter, en voiture. Broucouille, comme ils disent dans le Bouchonoy.

Bref, ça a été comme ça pendant près d’une heure. Je vous passe l’épisode où j’ai vu au loin dans mes rétros les lumières d’une voiture s’allumer, où j’ai demandé à mon co-galérien de descendre immédiatement de voiture pour aller « réserver la place »… qui s’est avéré être une fausse place. Mais j’étais déjà loin, partie pour le rejoindre dans cette rue en sens unique. Et de sens unique en sens unique, je me presque retrouvée à Bordeaux.

A 21h30, je finis par retrouver mon comparse. Pour le spectacle, on peut manger nos billets. Mais nous décidons que nous ne sommes pas venu jusqu’ici pour rien. Hé oui bonnes gens, on va pas se laisser faire comme ça ! On va aller boire un verre, pour décompresser, et surtout, se dire qu’on n’est pas venu jusqu’ici pour rien.
A 21h45, nous réalisons que même pour boire un verre, il nous faudra trouver une place pour garer la voiture. Que y’en a marre, qu’on rentre et qu’on va boire ce stupide verre dans notre petite ville, tranquille. Ce qu’on a fait, et qui était très chouette. Voilà. Par contre, on aura finalement mis 3h pour aller boire un verre à

5 kilomètres

de chez nous. Humpf, grr, pff.

Paris 1. Olivia 0. (mais y’aura vengeance)

Alors voyez-vous, ce genre de moment où l’on se retrouve coincé sur place, avec sa voiture sur les bras, c’est très embêtant, et avec les fêtes qui approchent, ça va devenir de plus en plus fréquent.
J’habite non loin d’un centre commercial (Parly 2) . Pendant à peu près 11 mois, ce centre est agréable et j’y vais aussi bien pour acheter ce dont j’ai besoin que pour me balader et avoir le plaisir de me laisser tenter. Mais en décembre, une folie collective s’empare de tout ce qui s’approche du temple de la consommation. La file de voitures qui attendent pour entrer dans le parking laisse présager le pire.

Se montent alors des stratégies.
     1)      la stratégie du vautour : on choisit une allée (de préférence sans autre voiture vautour) et on attend qu’une place se libère. Peut être long, mais permet d’économiser du carburant. Permet aussi d’avoir une certaine légitimité face à quelqu’un qui voudrait prendre une place dans cette allée : J’étais là, alors dégage (connard)

2)      la stratégie de la bonne étoile : on tourne dans les différentes allées, en se disant qu’il y a bien quelqu’un qui va finir par sortir (bordel). Souvent, c’est la voiture de devant, qui tourne avec nous depuis 30 minutes, qui tombe sur cette fichue place. On pourrait toujours expliquer à ses propriétaires que s’ils ne nous laissent pas cette place, nos enfants n’auront pas de cadeaux pour Noël, ils s’en fichent comme de leur premier ticket de parking, et ils s’en vont faire leurs courses. Mais dès fois, c’est nous la voiture de devant. Et là, hin hin hin, on s’en fout de la voiture de derrière et de leurs lardons désespérés.

3)      La stratégie de la bonne petite place que personne connaît : oui, vous savez, cette petite place planquée entre le mur et le poteau, celle que personne ne voit où que l’on prend pour autre chose. Hé hé ! mais pendant les fêtes, chaque centimètre carré exploitable de parking est longuement exploré par des milliers de gens. Alors notre petite place, qui avouons-le, n’en est pas vraiment une, il y a limite la queue pour se garer dessus ! Cette stratégie finit souvent par se changer en mode vautour ou en bonne étoile.

Voilà une transition toute faite sur les dérives du manque de place. Et oui, donnez une voiture à un agneau, dites lui de la garer dans un parking de centre commercial à Noël, vous récupérez un loup. Entre le stress de l’heure qui tourne, la nervosité dans l’habitacle et les incivilités des autres automobilistes, il y a de quoi avoir envie de se défouler.
Il y a ceux qui se garent sur deux places avec leur gros 4x4 ou leur belle voiture pour pas qu’on leur abîme en se garant trop près d’eux. Au mieux, ceux là méritent qu’on se glisse quand même dans l’interstice laissé, bien collés contre leur portière (côté conducteur) pour qu’ils ne puissent plus monter dans leur voiture. En général, la manœuvre s’accompagne d’un rire sardonique digne des pires méchants de films. Au pire un bon coup de clé sur toute la longueur du véhicule… (perso, je n’ai jamais osé, mais qu’est ce que ça doit faire du bien…)
Il y a ceux qui voient très bien qu’on attend une place qui est en cours de libération, qui viennent d’en face et qui sont mieux placé, et hop, ils nous chipent la place sous le nez. Alors qu’on avait mis notre clignotant ! Alors ceux là ne méritent qu’une chose, qu’on se gare devant leur voiture. Ils ont voulu y entrer, ok, mais ils n’en sortiront pas !
Il y a ceux qui retournent à leur voiture, les bras chargés de paquets. On est alors en droit de croire qu’ils partent et que oh, miracle, une place va se libérer. On baisse sa vitre, on pose la question, et c’est avec un sourire narquois qu’ils font non de la tête. Salauds. On y avait cru.

Cette année, je ferai mes achats de Noël sur Internet.